Mon voyage en Laponie

Il était impensable pour moi de ne pas tenter de voir les aurores boréales avant de partir de Norvège. Qu’à cela ne tienne, avec 3 Singapouriennes rencontrées à l’école, nous avons décidé de partir en Laponie Norvégienne et Suédoise du 4 au 9 février. 

Narvik – 4 février

Notre premier arrêt sera Narvik, en Laponie norvégienne, un peu au Sud de Tromsø, ville par excellence pour les touristes en recherche d’aurores boréales. Pourquoi donc Narvik ? Car moins cher et surtout plein de beaux paysages montagneux.

Suite à un léger souci de planification, deux d’entre nous avaient déjà pris des billets pour Tromsø. Nous ne serons donc pas toutes ensemble pour cette partie du voyage.

L’avion pour Narvik décollant à 8:50, nous nous donnons rendez-vous à 6:30 à la gare d’Oslo afin de prendre le train express jusqu’à l’aéroport. Je découvre à cette occasion l’existence d’un prix étudiant, évidemment après avoir pris mon ticket, sinon ce ne serait pas drôle. Nous disons au revoir à nos deux autres camarades que nous voyons demain puis prenons le chemin du quai 13.

La fatigue étant au rendez-vous, nous ne serons pas très loquaces durant le trajet en train, mais exprimons tout de même notre excitation de partir à la chasse aux aurores boréales et de faire plein de choses que beaucoup nous envieraient (et ça s’est vérifié ultérieurement).

Arrivées à l’aéroport, nous découvrons avec grand enthousiasme un système d’auto-enregistrement et dépôt de bagages. Grâce à la référence de réservation, il est en effet possible de obtenir la petite étiquette pour sa valise, de comprendre comment elle se colle (pas facile), de la scanner puis de déposer la valise sur le tapis roulant en la regardant partir avec une pointe d’appréhension : ai-je bien tout fait comme il faut ? Ce bout d’étiquette qui m’est resté dans la main était-il vraiment indispensable ? Vais-je vraiment retrouver ma valise une fois à Narvik ? Que de questionnements !

Nous nous inquiétons également du manque de contrôle d’identité suite à l’auto-check-in puis nous dirigeons vers le contrôle de sécurité où, encore une fois, je me délesterai de la moitié de mes vêtements pour éviter de faire sonner l’alarme.

Ayant une très large marge de manœuvre temporelle devant nous, nous en profitons pour flâner un peu dans les boutiques duty free, où je m’aperçois que TOUS les cosmétiques présentent une description en français. La France est donc vraiment le royaume des cosmétiques. Au hasard de nos déambulations, nous retrouvons avec surprise nos deux autres camarades, dont le vol est légèrement plus tôt que le nôtre. Nous restons avec elles le temps de leur embarquement puis nous dirigeons vers notre propre porte.

Une fois bien installées dans notre avion, nous décollons pour environ 1h35 de vol, avec le lever du soleil pour nous accompagner. Et Dieu sait si la lumière en Norvège est magnifique, en particulier en cas de lever ou coucher du soleil.

Au-dessus de Narvik

Au-dessus de Narvik 2

Fatiguées, nous dormons une partie du trajet, mais nous réveillons pour la phase d’approche, et c’était une excellente idée, vu la beauté des paysages. Arrivées à Narvik vers 10h30, nous prenons une petite photo-souvenir sur le tarmac puis allons récupérer ma valise. Pendant ce temps, ma partenaire de voyage part se renseigner sur les moyens d’aller sur Narvik centre. Il y a un bus et le conducteur attend que tout le monde monte avant de partir, nous y compris. Une fois la valise récupérée et une visite aux latrines effectuées, nous nous dirigeons vers le bus, mettons la valise dans le compartiment prévu à cet effet puis montons. Le conducteur nous informe, après la traditionnelle demande « bonjour, deux tickets, s’il-vous-plaît », que le ticket est à 260 couronnes norvégiennes par personne. N’ayant pas prévu un tel montant, nous lui demandons s’il y a un autre moyen de joindre le centre autrement, ce à quoi il répond (probablement avec un certain sarcasme que je n’ai pas su percevoir sur le moment) que oui, il y a le bus de 12h15. Bon. On fait avec, puis on s’assoit, parce qu’il fallait de toute façon bien ça pour se remettre.

Sur le tarmac

Sur le tarmac

Nous arrivons à Narvik vers 12:05, descendons du bus puis nous mettons en chemin pour trouver la maison de notre hôtesse AirBnB. Après environ 10 min de marche (ça aurait pu prendre moins de temps, mais la glace est relativement incompatible avec la marche en général, avec une valise en particulier), nous arrivons sur le pas de l’entrée de l’immeuble indiqué dans l’annonce, puis envoyons un message à notre hôtesse auquel elle ne répondra pas de suite. Nous découvrons que la porte principale est en fait ouverte, nous entrons donc nous réchauffer en attendant sa réponse.

Au bout d’environ 10 minutes, nos estomacs respectifs criant famine, nous décidons de retourner sur nos pas et d’aller dans ce centre commercial que nous avons repéré juste à côté de l’arrêt de bus. Après quelques centaines de mètres parcourus, nous recevons finalement un message de notre hôtesse disant qu’elle était en route vers chez elle. Nous faisons donc demi-tour et gagnons un tour gratuit sur la patinoire.

Son appartement n’est pas grand mais confortable, bien qu’étant dans un bazar sans nom (ce qui m’a rassuré sur ma propre incapacité à garder mon appartement rangé plus de deux jours consécutifs) et sentant le tabac froid (là, par contre, beaucoup moins top…). Nous avons notre chambre, ainsi que l’accès à la salle de bain (faut bien !) et la cuisine. Nous déposons nos affaires, faisons un rapide tour du propriétaire, enfilons des vêtements plus chauds (note pour plus tard : un simple jean par -10° est une plutôt mauvaise idée), puis partons à la découverte du centre commercial.

Une fois dans ce temple de la consommation, nous partons à la recherche d’un lieu de perdition gastronomique. Nous trouverons finalement un genre de café-bar qui offre le luxe d’un hamburger face au splendide spectacles des montagnes enneigées de Narvik illuminées par la lumière rosée du coucher du soleil (n’oubliez pas qu’il était dans les environs de 14h, ça remet le contexte). Je profite de ce moment pour dire que les paysages autour de la ville sont vraiment magnifiques, ne serait-ce que le fjord dont on fait le tour avec le bus de l’aéroport.

Le paysage

Le paysage

Le hamburger

Le hamburger

Repues, nous décidons de nous mettre en route vers la montagne (qui porte le doux nom de « Narvik fjellet », « fjell » voulant dire montagne en norvégien, donc par simple déduction linguistique, « la montagne de Narvik ». Les Norvégiens aiment les choses simples), mais nous passons avant dans une supérette afin de faire des provisions pour le soir, puis dans un magasin de sport pour que je fasse l’acquisition d’un magnifique masque de protection pour faire face au froid (message personnel à mon père et à mon frère : c’est du L/XL, donc un poil grand pour moi. Ça en intéresserait un de vous à mon retour ?).

Équipées, nous partons à l’assaut de la montagne pour nous trouver un coin où observer les aurores boréales. Ne sachant pas par où aller, nous suivons les panneaux des voitures puis trouvons un chemin piéton où nous rencontrons une maman équipée d’une poussette et suivie par un garçon qui ne l’attend pas pour descendre la route. Elle nous indique assez vaguement la route pour la montagne, nous montons donc en espérant trouver quelque chose à un moment.

La vue d'un petit bout du paysage

La vue d’un petit bout du paysage

Là où on a croisé la dame à la poussette

Là où on a croisé la dame à la poussette

Nous trouvons en effet le début du téléphérique que nous espérons prendre pour monter plus haut dans la montagne, mais il n’a pas l’air de fonctionner. Nous faisons le tour de la mini-station, puis trouvons un homme qui nous indique qu’en effet, le téléphérique ne fonctionne pas ce jour-là (nous n’aurons pas plus d’explications) et que nous devrons monter en marchant pour trouver un coin sympa pour observer les aurores boréales. Pas besoin d’aller bien loin, quelques centaines de mètres suffiront.

Les pistes de Narvik Fjellet

Les pistes de Narvik Fjellet

Nous partons donc à l’aventure en commençant par le plus simple, évidemment : remonter à pied une descente de ski assez raide. Arrivées en haut, essoufflées, nous trouvons un petit chemin (qui sent pas la noisette, ni le sapin, à mon grand regret) qui rejoint la route que nous décidons de suivre. Après tout, si les voitures arrivent à monter, on peut y arriver aussi ! Nous escaladons donc joyeusement la montagne en évitant de glisser à cause de la glace, puis, arrivées quelque part un peu plus haut, nous nous disons que c’est un chouette endroit pour regarder les aurores boréales, mais on se questionne sur le fait d’attendre encore facilement 3h avant de les apercevoir. Il est en effet 16h, le soleil est couché mais la nuit ne sera complètement noire que vers 19h. Le gentil monsieur de la station nous a d’ailleurs dit que l’idéal pour les voir était 21h. Bon.

Derrière une maison bien sympa, un peu en hauteur

Derrière une maison bien sympa, un peu en hauteur

Narvik de nuit 2

Une jolie vue de Narvik

Narvik de nuit 3

Nous descendons donc avec pour mission de trouver un café ou n’importe quoi d’autre pour nous réchauffer un peu en attendant que la nuit tombe vraiment. Rappel : la température tournait autour des -14°. En chemin, nous trouvons une salle de sport dans laquelle ma camarade décide de s’arrêter. Bonne pioche, ils ont une toute petite machine à boissons chaudes, nous prenons donc chacune un chocolat chaud et nous installons sur les deux seules chaises de l’entrée autour d’une table instable. Nous discutons un peu au passage avec la réceptionniste, très sympathique, qui nous dit qu’il est même possible de les voir déjà. Il est environ 16h30, nous décidons de partir vers 17h. En attendant, on se raconte nos vies, en tentant d’avaler ce qu’ils osent appeler chocolat chaud.

17h, nous nous mettons en route pour le coin que nous avions trouvé plus tôt. Nous commençons avec excitation à entre-apercevoir des lueurs vertes dans le ciel !! Voyant des gens monter encore plus haut, nous décidons de les imiter et arrêtons notre choix sur un endroit relativement plat, à proximité d’une piste de ski d’où et vers laquelle un cortège de camions tourne pour déverser son contenu là-bas. Je pose mon appareil sur le mini-trépied qu’une amie Norvégienne m’a prêté (je n’ai malheureusement pas pris le mien en Norvège), je teste différentes longueur d’exposition, puis je fixe mon choix à 5 secondes. Je branche ma télécommande pour obtenir un petit time-lapse, configure une prise de vue toutes les 35 secondes et roulez jeunesse !

Pas vraiment concluant, mais on n'aura pas mieux ce soir-là !

Pas vraiment concluant, mais on n’aura pas mieux ce soir-là !

Aurores boréales 2

En attendant les photos, nous tentons tant bien que mal de nous tenir chaud grâce à la technique du « eh viens, on met de la musique sur mon téléphone et on danse ! ». Vers 18h35, après un peu plus d’une demie-heure de photos gentiment gérées par la télécommande ainsi qu’à geler sur place, nous décidons de rentrer pour nous doucher, manger et nous coucher relativement tôt.

Narvik/Abisko – 5 février

Nous nous réveillons assez tôt le lendemain pour faire un tour du côté du front de mer de Narvik. Nous rentrons récupérer nos bagages et partons faire quelques courses en vue de notre départ pour Abisko, notre prochaine escale, en Laponie suédoise, cette fois. Nous nous rendons ensuite à la gare de Narvik où nous attendrons nos deux autres amies restées à Tromsø et prendrons le train pour Abisko.

Les maisons face à la mer

Les maisons face à la mer

Front de mer Narvik 2

Front de mer Narvik 3

Front de mer Narvik 4

Le voyage dure environ 1h40, à travers de très jolis paysages de montagne. Nous arrivons à la gare d’Abisko Östra vers 14h20 et partons à la recherche de notre auberge de jeunesse, ce qui ne sera pas bien difficile, étant donné que la ville est assez petite et que toutes les solutions d’hébergement sont indiquées. A priori, à part le tourisme, pas grand chose ne tourne, par ici.

Après 5 min de marche dans la neige (et tirer une valise dans ces conditions, c’est pas évident), nous arrivons à l’auberge de jeunesse, où un réceptionniste anglais nous accueille très gentiment. Comme toute auberge de jeunesse qui se respecte, nous payons pour les draps, mais nous réservons aussi chacune des skis de fond. Nous montons ensuite dans la chambre, déposons nos affaires, puis nous mettons en route pour le supermarché. La chance est avec nous, un adorable monsieur dans la soixantaine, travaillant a priori pour l’auberge, nous propose de nous emmener en voiture à la supérette du coin, lui-même y allant.

Après quelques virages enneigés à fort potentiel de dérapages contrôlés (technique que maîtrisait parfaitement notre aimable chauffeur), nous arrivons au supermarché. Nous découvrons les prix suédois, bien moins élevés que ceux de Norvège, mais hauts quand même, puis faisons les courses pour deux dîners, deux déjeuners et deux petits-déjeuners. Je repère au passage un pot de Nutella de 750g, ce format-là n’existant pas au supermarché norvégien où je fais mes courses.

Nous rentrons ensuite à l’auberge pour ranger tout ça puis nous décidons de sortir faire un tour vers le lac d’Abisko, une immense étendue d’eau de 70km de long sur 10 de large. L’échelle de ce qu’on appelle « lac » est manifestement légèrement différente en Laponie. À environ mi-chemin, nous nous rendons compte que l’obscurité est déjà tombée, donc nous faisons marche arrière et rentrons tranquillement à l’auberge.

Deux des filles décident de récupérer les skis pour faire un tour. Personnellement, fatiguée et affamée, je prends le parti de rester sur place, de me reposer, de manger un peu et de profiter du Wi-Fi dans la cuisine (faudra que je leur souffle un mot de l’existence des extensions de réseaux). J’en profite pour papoter un peu avec celle qui a décidé de rester avec moi et découvre une personne très ouverte, curieuse et très discrète à la fois. Nous parlons longtemps, puis nous nous dirigeons vers la cuisine où je passe quelques appels Skype vers la France. Nos deux comparses finissent par rentrer, nous dînons, les deux skieuses iront profiter du sauna, puis allons nous coucher, sans trop d’espoir pour voir les aurores boréales ce soir-là, le temps étant mauvais.

Abisko – 6 février

Nous nous réveillons à 9h (bon, ok, les autres se sont réveillées à 8h, moi à 8h40.) pour aller voir ce fameux lac gelé. Nous nous mettons en route dans une neige plus épaisse que la veille. Arrivées près du lac, nous n’arrivons pas bien à faire la différence entre le lac et le reste. Nous nous dirigeons vers l’étendue plane, mais la tâche s’avère plus ardue que prévue, la neige étant à certains endroits très profonde à cause du relief. Je tomberai moi-même dans le piège en m’y enfonçant jusqu’aux hanches, heureusement qu’avec une seule jambe. Une de mes accompagnatrices m’aidera à en sortir. Je décide dès lors de suivre le chemin des deux autres, qui ont repéré une petite avancée de terre qui va vers le lac. La présence d’un banc de camping indique que c’est une zone sûre.

La route vers le lac d'Abisko

La route vers le lac d’Abisko

Le fameux lac gelé

Le fameux lac gelé

La photo "poser en pleines rafales de vent enneigé ? Easy peasy !"

La photo « poser en pleines rafales de vent enneigé ? Easy peasy ! »

Le banc prouvant que le chemin est sûr. Thanks buddy !

Le banc prouvant que le chemin est sûr. Thanks buddy !

Nous arrivons sur le lac gelé et enneigé et profitons de la vue que nous offrent les montagnes environnantes. Nous prenons quelques photos puis nous mettons sur la route du retour. Nous croisons deux suédois dont un a réalisé devant nous un plongeon, tête la première, dans le mètre cinquante de neige se trouvant sur la route, l’autre le filmant avec une GoPro. Les coutumes locales, sans doute. Nous discutons avec eux quelques minutes puis repartons.

Nous déjeunons à l’auberge, faisons une petite sieste réparatrice puis partons pour une balade sur des skis de fond. Nous nous rendons sur la piste (ou en tout cas, nous pensons qu’il s’agit de la piste) qui n’est pas très compliquée et tout à fait adéquate pour des débutantes comme nous. Nous y passons probablement une heure et nous amusons beaucoup. Personnellement, j’ai adoré !

Mes skis de championne !

Mes skis de championne !

Nous rentrons à l’auberge nous réchauffer et dîner. À cette occasion, nous faisons la connaissance de deux sympathiques Australiens arrivés le jour même et je discute longtemps avec l’un d’eux. Nous comparons les cultures, les systèmes éducatifs, les pays, pendant que deux de mes comparses profitent du sauna. La météo ayant annoncé un ciel plus clair vers trois heures matin, nous nous mettons en tête d’aller voir ensemble les aurores boréales si nous trouvons le courage de nous réveiller au milieu de la nuit. Ce qui n’est pas gagné. Hum.

Nous retournons dans notre chambre, papotons un peu, puis nos deux amies rentrent du sauna et nous annoncent qu’elles ont fait la connaissance d’étudiants en échange à Stockholm logeant dans l’autre bâtiment de l’auberge et nous invitant à une petite soirée chez eux. Nous nous rendons donc chez eux et passons une chouette soirée en leur compagnie, à jouer aux cartes (jeu auquel j’ai évidemment gagné hihi). Il y a 5 ou 6 espagnols, deux italiens, un allemand, et un sud-africain. Nous rentrons dans notre chambre vers une heure du matin et décidons, par la même occasion, d’oublier l’idée de nous réveiller à 3 heures, la météo étant de nouveau devenue pessimiste de toute façon. Ouf !

Abisko-Kiruna – 7 février

Nous nous réveillons le matin avec dans l’idée de nous préparer au départ pour Kiruna prévu vers 14:20 en train. Nous planifions d’aller au supermarché acheter des choses à grignoter pour le voyage et commençons à nous préparer pour y aller quand, soudain (quel suspense !), un des employés de l’auberge de jeunesse vient nous prévenir que tous les trains de la journée ont été annulés à cause du mauvais temps. Ah. Il nous indique également que nous ne sommes pas les seules à être bloquées et qu’il est en train de réfléchir à une solution, qui serait fort probablement de prendre un taxi-van à plusieurs pour le prix de 400 couronnes suédoises. Nous réfléchissons rapidement puis acceptons (pas tellement d’autres choix, malheureusement) puis nous préparons à un éventuel départ plus tôt que prévu.

11:45, le taxi vient nous chercher, nous et deux des étudiants rencontrés la veille. Nous sommes donc six (on sent le Bac S ?). Le taxi passe par un autre hôtel pour récupérer encore deux autres personnes, nous voici 8. Le voyage durera environ 1h, nous arrivons à la gare de Kiruna à 13h au lieu de 15:30, heure prévue pour que l’employé de l’entreprise touristique qui nous prend en charge à Kiruna vienne nous chercher. Je tente d’appeler le bureau, mais ô grand bonheur, mon téléphone ne fonctionne pas, ni pour les appels, ni pour les sms, ni pour internet. J’apprendrai plus tard qu’il faut que je procède à l’achat de crédit supplémentaire pour l’étranger (Shamime, ou l’art de se renseigner).

Nous arrivons finalement à joindre le bureau grâce à la carte sim singapourienne d’une de nos co-voyageuses, on nous indique que quelqu’un va venir nous chercher à la gare pour nous amener au bureau, où nous attendrons jusqu’à 15:30. Le bureau en question est assez grand et les employés aux petits soins, il y a également une boutique de souvenirs où j’adopte mon nouvel ami le renne.

Lorsque nous discutons avec la secrétaire qui s’occupe de nous pour réserver la balade en chien de traîneau, je me rends compte qu’elle traîne un petit accent qui m’est familier. Au bout d’un moment, je lui demande si elle est iranienne, elle répond par l’affirmative. I knew it. Je lui donc annonce mes origines, elle a l’air vraiment ravie de l’apprendre et me donne très gentiment son numéro de téléphone pour que je la contacte en cas de problème. Sympa ! Nous mangeons un bout et faisons quelques courses, puisque les chalets où nous nous rendons sont tout simplement perdus dans la nature, sans supérette, sans Wi-fi, bref, l’isolation totale !

15:30, le chauffeur vient nous chercher et nous partons pour le chalet, à environ 20 min de route du centre-ville de Kiruna. Quand nous arrivons il fait quasiment nuit noire (nous sommes au-dessus du cercle polaire, cette région connaît donc le soleil de minuit mais également des périodes pendant le soleil ne se lève pas du tout en hiver, bonjour déprime), nous découvrons notre chalet avec moult joie, puisqu’il est très confortable et cosy. On nous informe que d’autres touristes arriverons plus tard, puis nous patientons jusqu’au dîner à coup de jeux de réflexion (pour être franche, je sais plus si j’ai gagné, là…).

Ma chambre au chalet

Ma chambre au chalet

Le cosy à la suédoise

Le cosy à la suédoise

Parce qu'un petit cœur de bienvenue fait toujours son effet !

Parce qu’un petit cœur de bienvenue fait toujours son effet !

C'est qu'on est bien dans le chalet !

C’est qu’on est bien dans le chalet !

Nos colocataires du week-end arrivent, ils viennent eux aussi de Singapoure (décidément !) et sont étudiants en échange à Gothenburg, en Suède. Un peu plus tard arrive la jeune femme qui gère les chalets avec des victuailles pour nos futurs petits déjeuners, puis nous infirme de l’arrivée imminente du dîner. Il arrivera finalement 1h en retard, mais avec tout ce qu’elle nous avait amené plus tôt, nous avons pu patienter tranquillement, surtout qu’il s’agissait de viande de renne !

Ça a pas l'air comme ça, mais c'était super bon !

Ça a pas l’air comme ça, mais c’était super bon !

Un verre qui en jette !

Un verre qui en jette !

Après le repas, un autre employé vient réquisitionner deux personnes (une de chaque groupe de touristes) pour nous expliquer comment fonctionne le sauna, à quelques pas du chalet. Quand ils reviennent, la fille de mon groupe partie au sauna nous annonce, à grand renfort de cris de joie, qu’elle a vu des aurores boréales. Nous prenons précipitamment nos manteaux, gants, écharpes et appareils photo, puis partons pour le lac, à deux minutes à pied. La tempête de neige nous empêchera d’y voir très clair, mais nous parvenons tout de même à deviner des lueurs vertes dans le ciel. Le froid se faisant glacial entre le vent fort et la neige qui nous frappe le visage, nous décidons de rentrer au chalet nous réchauffer, avec dans l’idée de nous rendre au sauna.

La porte d’entrée du sauna étant bloquée et donc ne fermant pas complètement, se déshabiller est une torture (rappel : la température extérieure tourne autour des -10° auxquels on rajoute la tempête de neige), mais nous nous motivons en pensant à la chaleur du sauna.

Nous entrons dans la pièce principale (pas franchement grande), et commençons à voir comment maintenir le feu, ce dernier ayant déjà été allumé plus tôt. Une de nos amies (celle qui est partie voir comment le feu fonctionnait) met un peu d’eau sur les pierres puis nous attendons les autres. Petit à petit, les pierres refroidissent et nous avons de plus en plus de mal à maintenir le feu. Au final il ne se rallumera pas. Note pour plus tard : apprendre à maîtriser l’art du feu de bois.

Kiruna – 8 février

Vu que la météo de la veille annonçait beau temps, nous nous sommes dit que nous pourrions nous lever tôt pour profiter du lever du soleil à 8h30. En effet, nous ne sommes pas déçues, le lever de soleil sur le lac gelé et la forêt environnante est de toute bôté.

Un chouette nuage au lever du soleil

Un chouette nuage au lever du soleil

La petite maison-carte postale

La petite maison-carte postale

Un lever de soleil dramatique

Un lever de soleil dramatique

Nous rentrons au chalet piquer un petit somme pour nous remettre de l’heure de lever, du froid, mais aussi pour nous préparer à notre soirée qui promet d’être mémorable, puisque nous irons faire du chien de traîneau ! Après une sieste bien méritée, nous déjeunons puis partons pour une balade à ski de fond sur le lac gelé et enneigé. Une heure dans la tranquillité et le silence de la Laponie, je peux vous garantir que c’est merveilleux. Nous rentrons ensuite au chalet en attendant l’heure du départ pour notre activité.

Y'a pire comme endroit pour se balader !

Y’a pire comme endroit pour se balader !

La photo à skis !

La photo à skis !

17h30, la gestionnaire des chalets nous emmène au bureau de l’entreprise qui gère notre logement et nos activités. Sébastien, notre guide, nous accueille chaleureusement puis nous embarquons dans son van avec un père et son fils de 4 ans, eux aussi de Singapour (encore ??), mais vivant pour l’heure en Suède, où le père travaille.

Il était prévu à la base que nous soyons à quatre sur le même traîneau, avec un conducteur professionnel. Mais en route, Sébastien nous dit qu’à cause de la tempête de la neige de la veille, la plus grosse depuis 10 ans, les pistes ont rétréci, empêchant ainsi les grands traîneaux de passer. Il nous propose donc de conduire nous-mêmes des traîneaux individuels. Excitées à cette idée, nous disons oui sans aucun problème.

Nous arrivons au refuge, nous enfilons des couches qui ferait pâlir de jalousie notre Bibendum national : un survêtement par-dessus tous nos vêtements + nos manteaux (ce qui faisait que j’avais 4 couches en haut, 3 en bas), des chaussettes très épaisses (mais j’ai quand même eu froid aux pieds, allez comprendre), de grosses chaussures adéquates, des mitaines avec sous-couche impossibles à enfiler seul, ainsi qu’une chapka. Sexy.

Nous nous dirigeons vers les chiens, et commençons, en attendant la préparation des traîneaux, par visiter l’enclos de jeunes chiots de 4 mois semblant extrêmement contents de nous voir, puisqu’ils sautent partout et lèchent mes amies, qui ont eu la bonne idée de s’accroupir. Le petit Singapourien manque de se faire renverser à plusieurs reprises par les chiens, malgré le conseil que le guide a donné au père, à savoir : le prendre dans ses bras.

Sébastien nous amène ensuite auprès des traîneaux pour nous expliquer comment ça se conduit. Il nous donne des consignes assez stressantes du type : « surtout agrippez-vous toujours bien,  quoiqu’il arrive, car les chiens continueront à courir » ou bien « le traîneau peut pencher et ne tenir que sur un patin, donc gardez l’équilibre ». Bien. On blanchit un peu, on lui demande s’il est sûr qu’on ne puisse pas utiliser le traîneau à quatre, ce à quoi il rétorque « on s’ennuie quand on est assis ! » Certes oui, mais au moins on risque pas d’être abandonné sur une piste enneigée dans la nuit à cause de chiens un peu trop motivés.

Nous nous motivons mutuellement en nous disant qu’après tout, ça peut être bien fun et que c’est pas un truc qu’on peut faire tous les jours, donc on y va. Pour l’aller, je suis assise sur le traîneau juste derrière le guide (il y en a trois en tout, le père et son fils étant tous deux assis sur le traîneau du guide). J’en profite pour prévenir mon pilote des éventuels obstacles sur la route, ou quand elle est un peu trop près du traîneau précédent.

Au bout d’environ 20 min, nous nous arrêtons pour une pause, Sébastien vient attacher les traîneaux à des arbres puis nous nous dirigeons vers un genre de grand tipi Sami, peuple aborigène de Laponie. Sébastien nous apprend que le tipi s’appelle un Lavvu (prononcer Lavou) et qu’il a un peu souffert de la tempête de la veille.

Sous le Lavvu, en mode Bibendum

Sous le Lavvu, en mode Bibendum (© Eunice Lee)

Nous arrangeons des peaux de renne, réputées pour isoler plutôt bien du froid, nous asseyons dessus, puis Sébastien crée un feu de camp au centre et en profite pour nous en expliquer les rudiments, que nous aurions bien volontiers utilisés la veille, pour le sauna. Il utilise un bâton de magnésium qui a l’avantage d’être transportable facilement et de ne pas prendre l’eau, contrairement à des allumettes. Il détruit également le mythe du « feu Disney », pas viable car l’oxygène ne circule pas en-dessous. Prends ça, Walt.

Nous apprenons que la veille, Sébastien et une dizaine de touristes ont été pris de court par la tempête de neige, qui les a forcés à passer la nuit dans le Lavvu. Par -15°, c’est peut-être pas le meilleur plan du monde… Nous goûtons avec un petit thé, des rouleaux de cannelle et de la viande de renne séchée, tout en nous félicitant d’avoir refusé la proposition de balade en chien de traîneau de la veille.

Déjà le moment de repartir ! J’appréhende la conduite, mais mon pilote, devenue passagère, me rassure et m’explique qu’au final, y’a juste à suivre et à garder l’équilibre. Bon. Je compte sur la fatigue des chiens au retour, sachant que Sébastien nous a dit sous le Lavvu qu’il les sentait fatigués pour la première fois depuis le début de l’hiver et que c’était une excellente nouvelle. C’en était en tout cas une pour moi ! Nous faisons route pendant une quinzaine de minutes pendant lesquelles je n’ai au final pas connu de difficulté majeure, et que j’ai trouvées vraiment géniales !

Un petit aperçu du traîneau et des chiens

Un petit aperçu du traîneau et des chiens (© Eunice Lee)

Nous rentrons au chenil, nous défaisons de toutes nos couches, caressons les chiens abondamment, prenons quelques photos puis partons pour le chalet avec Sébastien, exténuées. L’une des Singapourienne garde son contact Facebook, le monsieur étant adorable et vraiment passionné par son métier, c’est une bonne idée !

Après un dîner somme toute assez frugal, nous nous préparons pour une nuit dans un igloo, et j’avoue être moyennement enthousiaste à l’idée. Un collègue de notre gestionnaire de chalets nous montre le chemin vers les igloos, faits à la main par le monsieur, sur le lac. J’ai mis mon pyjama (faut bien se sentir à l’aise !), mon pantalon de ski, deux paires de chaussettes, une polaire, mon manteau et un bonnet. J’ai pris le parti de ne pas mettre d’écharpe, étant du genre à pouvoir m’étrangler avec.

Je m’emmitoufle dans mes deux sacs de couchage posées sur des peaux de renne, puis m’endort tranquillement avant l’arrivée de ma « voisine d’igloo », qui m’a fait promettre de la réveiller si jamais je décidais de rentrer avant la fin de la nuit. Je parviens à m’endormir assez facilement, mais me réveille une heure plus tard. La raison ? J’avais beau avoir prévu le maximum de choses, je ne pensais pas que mon nez serait congelé. J’essaye tant bien que mal de réveiller ma comparse (la méthode du « viens je te pousse fort comme si t’étais un berceau » s’étant avérée la plus efficace), puis nous rentrons au chalet, en se demandant où en sont les deux autres. Il s’avère qu’elles reviendront environ 45 minutes après nous. Nous profitons de la chaleur du chalet, de ses radiateurs en céramique extrêmement performants et design, ainsi que de son triple vitrage, la norme dans les pays du Nord.

Pas la meilleure photo du monde, mais voilà à quoi ça ressemble, l'intérieur d'un igloo !

Pas la meilleure photo du monde, mais voilà à quoi ça ressemble, l’intérieur d’un igloo !

Kiruna/Oslo – 9 février

Jour du retour ! Nous descendons au lac prendre quelques photos auprès des igloos, puis nous préparons à partir pour la gare à 10h30. Surprise ! Nous retrouvons les Australiens rencontrés quelques jours auparavant à Abisko ! Nous en profitons pour échanger nos contacts Facebook et exprimer notre joie de les revoir ici, la coïncidence étant assez dingue.

L'igloo dans lequel j'ai dormi héhé !

L’igloo dans lequel j’ai dormi héhé !

Nous montons dans notre train, qui part 15 minutes en avance, et dans la direction opposée à celle qu’il est supposé prendre. Ah. Deux Suédoises, à côté de nous, nous rassurent en nous disant qu’apparemment on se dirige vers la vieille gare de Kiruna pour récupérer des voyageurs. On comprend pas mieux, mais finalement le train revient sur ses pas puis nous nous dirigeons vers Narvik.

Sur la route du retour vers Narvik

Sur la route du retour vers Narvik

Arrivées à Narvik, nous en profitons pour acheter de quoi nous ravitailler un peu (l’avion décolle de Narvik à 20h), puis prenons le bus pour l’aéroport, qui arrivera avec beaucoup de retard à cause de la neige et de la glace sur les routes. Heureusement, nous avions prévu de prendre un bus assez tôt de manière à ne pas être piégées par l’heure. Nous prenons l’avion qui nous dépose à Oslo, nous enchaînons avec le train express vers la gare d’Oslo, puis je prends un bus pour chez moi. Je m’écroule de fatigue sur mon lit, mais heureuse d’avoir vécu un beau voyage au-dessus du cercle polaire, où j’ai pu vivre des choses inédites, que je ne pouvais pas ne pas avoir fait avant d’avoir quitté la Norvège !

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