Un bout d'Oslo City

L’installation à Oslo

Après deux jours passés en auberge de jeunesse, nous voici en route vers ma vie d’étudiante Franco-Norvégienne, en commençant par mon installation. Suivez le guide ! 

Vendredi 2 janvier

Le check-in de l’auberge de jeunesse devant se faire avant 11h obligatoirement, nous nous sommes donc levées un peu plus tôt vendredi 2 que la veille (aheum.) afin de libérer les lieux, de récupérer la clé de mon studio étudiant et de commencer à équiper mon appartement, celui-ci étant simplement meublé (donc ni couette/oreiller, ni vaisselle, ni rien, à part des meubles, comme l’indique son nom). Vu la quantité industrielle de bagages que nous avions (dont 2 valises de 20 kg chacune), nous avons décidé de ne pas jouer les héroïnes et de préférer l’option « taxi » pour ce périple.

Nous rencontrons donc notre chauffeur qui nous agrémente d’un léger « hei hei ! », le salut norvégien à prononcer « haï » (ou « haï haï », en l’occurrence). Après avoir monté les valises dans son coffre, je lui donne l’adresse de l’université d’Oslo (qui n’est pas mon université d’accueil, mon école d’échange portant un autre nom), où je vais récupérer mes clés. Je lui explique que je vais devoir sortir, récupérer les clés et que nous repartirons vers l’aventure ensemble vers le Mordor en direction de ma résidence, pour enfin me poser.

Récupérer la clé prendra finalement plus de temps que prévu, puisque le taxi aura patienté environ 30 min. Je gagne : une carte blanche, une carte à puce et des clés. « C’est tout ? », me dis-je ironiquement, avec dans l’idée d’investir dans un porte-carte spécial Norvège. On m’explique que la carte blanche servira à entrer dans le bâtiment (et dans mon couloir), que la carte à puce (que je dois recharger en sous via internet) m’ouvrira la porte des machines à laver et que les clés remplissent bêtement leur rôle de clé en me laissant entrer dans mon appartement.

Je retourne en courant vers le taxi, ayant peur de retrouver ma mère en larmes face au compteur qui tournait pendant ce temps, je vois qu’il n’en est rien, je saute dans le taxi en criant « SUIVEZ CETTE VOITURE, je rentre dans la voiture, m’emmêle dans les bretelles de mes trois sacs (à dos, à main, à ordinateur), manque de m’étouffer avec ma capuche et donne, dans un ultime effort, l’adresse de ma résidence au chauffeur avant d’entamer une longue bataille avec ma ceinture de sécurité.

Arrivées à bon port (et séchant nos larmes après avoir osé regarder le compteur), nous nous bringuebalons vers ma résidence, en quête du bâtiment numéro 19 dans lequel je vais me trouver. Oui, car luxe ultime, j’ai eu le choix de mon appartement, mais parfois je ne devrais pas me faire confiance. En effet, nous trouvons le bâtiment, la carte ne marche pas, une employée de la résidence vient à notre rescousse (elle doit être comme ces animaux qui ressentent la panique chez les êtres humains), nous ouvre la porte et nous explique que d’ici 2h, les cartes blanches de tout le monde marcheront. Bien. Là, je découvre qu’en réalité, ce que j’avais cru être le 1er étage que j’ai demandé est en fait le rez-de-chaussée. Premier choc culturel, qu’à cela ne tienne, j’accepte ma destinée et fonce vers mon futur, j’ouvre la porte…

La jolie porte bleue de mon studio norvégien

La jolie porte bleue de mon studio norvégien

…Nous découvrons mon studio avec émerveillement. Ou presque, faut quand même pas exagérer. Il était indiqué 17m2, il s’avère que ce sont 17m2 particulièrement bien arrangés et utilisés. Je découvre un lit une place avec un matelas fort confortable, un bureau qui fait deux fois ma taille, dont la moitié (donc ma taille, si vous êtes bons en maths) est occupée par des rangements, une petite table à roulettes qui vient s’installer sous le bureau, un grand placard, une cuisine équipée d’un four (JOIE ULTIME) et de quatre plaques (JOIE ENCORE PLUS ULTIME), une salle de bains avec douche à l’italienne et carrelage chauffant, auquel je m’étais déjà plus ou moins habituée dans l’auberge de jeunesse. Oui, on s’habitue vite aux bonnes choses. Après la découverte du studio et l’installation de mes vêtements, nous entamons la liste des choses à acheter pour agrémenter mes appartements.

Nous commençons par les victuailles et nous rendons à Meny (prononcer « Menu », bien que le Y ne soit pas vraiment un « u », mais c’est compliqué à expliquer ici), une chaîne de supermarchés locale à deux minutes à pied de mon studio. Ma foi, rien de bien spécial, à part, peut-être, quelques denrées qui vous rappelleront sans doute quelque chose…

J'ai donc quitté Aix pour retrouver son huile d'olive à Oslo…

J’ai donc quitté Aix pour retrouver son huile d’olive à Oslo…

Du chocolat Valrhona pour ces messieurs-dames les Norvégiens !

Du chocolat Valrhona pour ces messieurs-dames les Norvégiens !

Des lentilles, du pois chiche, le tout in French in ze text

Des lentilles, du pois chiche, le tout in French in ze text

Bon, a priori nous sommes d’accord, dans un pays froid, rien ne vaut une bonne couette (le genre qu’on ne veut pas quitter le dimanche, accompagné d’un bon chocolat chaud et d’une série qu’on aime). C’est donc la première chose que nous nous sommes mis en tête d’acheter. Ayant noté le nom du magasin où les couettes de l’auberge de l’auberge ont été achetées, nous nous y rendons dans l’intention de me dégoter tout plein de choses qui rendront mon séjour plus confortable (comme des couverts, par exemple).

Le réseau de bus étant particulièrement bien organisé à Oslo (les bus passent très souvent, certaines lignes fonctionnent 24h/24 et les arrêts sont bien pensés), nous attrapons le 20 qui nous amènera à Carl Berners Plass, d’où nous irons jusqu’au magasin. Honnêtes, nous demandons un ticket au conducteur, très sympathique, qui bloque le bus pendant 2 minutes pour nous expliquer un peu le principe des transports en commun à Oslo (notamment une histoire selon laquelle un ticket acheté dans le bus vaut 50 NOK = 5,5 EUR, sinon c’est 30 NOK = 3,3 EUR pour un simple voyage…). Il est presque désolé de nous faire payer 100 NOK (nous aussi, à vrai dire), mais en bonnes citoyennes, nous nous soumettons aux règles locales, avec la ferme intention de nous munir d’une « travelcard », une carte de transport rechargeable à souhait, donc moins chère (équivalente à la carte Oyster pour ceux qui sont déjà allés à Londres).

Après 15 minutes de trajet à tenter de réaliser la somme que nous venions de payer, nous trouvons avec un peu de mal le magasin d’ameublement qui nous intéressait. Nous y croiserons un français parfaitement intégré au pays, avec qui nous échangerons un sourire entendu signifiant « on comprend ce que vous dites héhéhé », et repartirons avec les sacs en plastique les moins pratiques du monde, larges au point de pouvoir contenir au moins deux contorsionnistes, mais avec la satisfaction d’avoir acheté deux couettes à la plume d’oie, deux oreillers, un bon matelas gonflable avec pompe électrique intégrée et deux-trois autres choses pour un prix qui nous a semblé raisonnable.

Une fois rentrées, nous installons nos achats et préparons la journée du lendemain.

Samedi 3 janvier

Aujourd’hui, nous prévoyons d’être moins chargées en courses que la veille, puisque nous allons acheter des choses moins envahissantes (et Dieu sait si c’est facile de faire moins envahissant qu’une couette dans un appartement). Nous partons en fin de matinée vers Oslo City, un grand centre commercial dans le centre de la ville, à deux pas de Oslo Sentralstasjon (à prononcer à peu près comme en anglais : « central station », en roulant le r), la gare centrale, où arrive le train express depuis l’aéroport (encore un message à ceux qui doivent venir. Je vous attends toujours.).

Après un trajet en bus d’environ 15 minutes pour rejoindre le centre, nous repérons assez vite l’immense bâtiment (lui-même entouré d’immenses bâtiments, donc au final ce n’était pas si facile que ça) et pénétrons dedans. C’est haut, c’est transparent, c’est lumineux, ça change des Halles (« toi-même tu sais. »). Nous essayons de comprendre la logique du centre, qui a une structure un peu spéciale, notamment dans ses étages (au nombre de 3 si je me rappelle bien, 4 si on compte à la norvégienne, rappelez-vous !  Si si, je vous l’ai expliqué !), mais c’était sans compter sur nos ventres affamés qui nous amènent tout-de-go vers un restaurant chinois au doux nom de « Nam-Nam ». On nous accueille avec deux cartes, il faut s’asseoir, service au comptoir.

Un bout d'Oslo City

Un bout d’Oslo City

Le même bout d'Oslo City mais en haut cette fois !

Le même bout d’Oslo City mais en haut cette fois !

Enfin rassasiées, nous découvrons les étages du centre commercial, et constatons qu’il y a un grand nombre de magasins dédiés à l’intérieur, à la décoration et l’ameublement. En effet, dans un pays où les hivers sont quelque peu ingrats à coup de 6 heures de soleil, soleil qu’on ne voit qu’à condition qu’il fasse beau, évidemment, et des températures souvent autour des -10, -15 (bien que cette année soit particulièrement douce, heureusement pour moi), il est important d’avoir un intérieur cosy, chaleureux, bien aménagé et qui donne simplement envie de se lover dans ses plaids, entouré de bougies, pour contrer le froid et la nuit.

Nous faisons halte à Clas Ohlson, un magasin un peu à la Tati, où on trouve de tout à prix assez raisonnable. Je repère vite les routeurs Wi-Fi (vous me connaissez… enfin je crois…), décide de demander conseil à un vendeur. Je lui explique mon problème en anglais (j’ai une connexion ethernet et j’aimerais créer un réseau Wi-Fi à partir de celle-ci pour pouvoir bouger un peu dans mon appartement avec mon ordinateur et écrire ce que j’écris actuellement sur mon lit, par exemple) et ce dernier me répond… en français ! Certes, pas le plus parfait, mais tout de même ! Je lui lance un « ah mais vous parlez français ?! » avec un visage qui a dû lui paraître illuminé, tant j’ai été surprise par le fait qu’un Norvégien parle la langue de Molière, qui plus est pour me conseiller sur quelque chose de technique… Après son départ, je me demande tout de même si c’est parce que j’ai parlé anglais avec un de ces accents français dont j’ai horreur, puis je me rends compte que j’ai parlé en français avec ma mère dans le rayon. Ouf. L’honneur est sauf.

Avant de rentrer et avant le coucher du soleil (il est tout de même 15h30, il se fait tard !), nous décidons de nous offrir une pause café/thé – cinnamon roll (une pâtisserie à base de cannelle très en vogue par ici que je n’ai malheureusement pas eu le temps de prendre en photo, vous m’excuserez. J’avais faim.) sur un stand au milieu du centre commercial puis nous dirigeons vers le bus qui nous ramènera à la maison. En chemin, nous passons devant une boutique de vêtements selon laquelle Saint-Étienne serait hype… Stéphanois, si vous me lisez…

Saint-Étienne, c'est tellement in !

Saint-Étienne, c’est tellement in !

Et me voilà donc dans un appartement meublé ET équipé, dont vous aurez les photos dès que j’aurais un peu rangé tout ça…

Comment ( 1 )

  1. / Replylokan
    Merci beaucoup de partager tout ça avec nous. Moi, ça me fait kiffer ;-)

Leave a reply

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes:

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>